Loi européenne sur l’accessibilité en 2026 : votre site est-il concerné ?
Georges Corre Web/Internet
Depuis le 28 juin 2025, l’European Accessibility Act, ou EAA, s’applique dans les États membres de l’Union européenne. Pour les entreprises, la question n’est plus de savoir si cette évolution va arriver, mais de comprendre si leur activité entre dans son périmètre et quelles actions lancer pour réduire le risque juridique, améliorer l’expérience utilisateur et ouvrir leur site à davantage de clients.
Si vous vendez en ligne à des particuliers, l’accessibilité n’est plus un sujet secondaire. Elle touche directement la consultation des pages, la navigation clavier, la lecture par les technologies d’assistance, les formulaires, l’authentification et même le paiement. La directive européenne vise en effet plusieurs familles de produits et de services, dont le commerce électronique.
Vous êtes probablement concerné si :
vous vendez en ligne à des particuliers ;
vous proposez un paiement, une souscription ou une réservation en ligne ;
votre parcours permet de conclure un contrat à distance.
Vous devez vérifier votre situation si :
vous êtes une microentreprise ;
vous avez un site vitrine avec fonctionnalités avancées ;
vous utilisez des modules tiers ou un espace client.
Vous êtes moins exposé si :
vous avez un site très simple sans vente ni souscription ;
mais l’accessibilité reste une bonne pratique utile.
Maintenant que le cadre est posé, rentrons dans les textes de loi.
Georges Corre est ingénieur web et expert SEO, avec plus de 25 ans d’expérience dans la conception, l’architecture et l’audit de sites internet. Spécialisé en ergonomie, accessibilité, SEO et éco-conception, il accompagne les entreprises avec une vision 360 de la performance et de la qualité web.
Ce qui a changé depuis le 28 juin 2025
Depuis cette date, certains produits et certains services doivent répondre à de nouvelles exigences d’accessibilité. Côté services, la Commission européenne et la DGCCRF citent notamment le commerce électronique, les services bancaires aux consommateurs, certains services de transport de passagers, les services de communications électroniques et les services donnant accès à des médias audiovisuels.
Autrement dit, un site e-commerce ou une application mobile permettant à un particulier de consulter une offre, de s’identifier, de payer ou de conclure un contrat à distance entre bien dans le sujet. La directive définit d’ailleurs les services de commerce électronique comme des services fournis à distance, via des sites internet ou des services mobiles, par voie électronique et à la demande individuelle d’un consommateur, en vue de conclure un contrat de consommation.
Tous les sites web sont-ils concernés ?
Non. Et c’est un point important à clarifier.
Un site vitrine simple n’entre pas automatiquement dans le champ de l’EAA. En pratique, le critère déterminant est moins le fait d’avoir un site que le fait de fournir un service relevant du texte, en particulier un service de commerce électronique orienté consommateur. Un cabinet, un artisan ou un prestataire de services n’entre donc pas mécaniquement dans le périmètre uniquement parce qu’il possède un site institutionnel ou un formulaire de contact. Cette lecture découle directement de la définition des services couverts par la directive.
En revanche, dès qu’un parcours en ligne permet réellement de conclure un contrat de consommation, de souscrire, de réserver, de payer ou d’accéder à un service couvert, le niveau d’exigence monte très vite. C’est pour cela que les boutiques en ligne sont les premières concernées.
Cas n°1 : site vitrine d’artisan avec formulaire de contact seulement
→ pas automatiquement concerné au titre du commerce électronique.
Cas n°2 : boutique en ligne avec panier et paiement
→ clairement dans le périmètre.
Cas n°3 : site de service avec réservation et paiement d’acompte
→ cas à vérifier de près.
Le cas des microentreprises
La notion de microentreprise existe bien dans la directive européenne. Elle désigne une entreprise qui emploie moins de 10 personnes et dont le chiffre d’affaires annuel ou le total du bilan annuel ne dépasse pas 2 millions d’euros.
Cela ne veut pas dire qu’une petite structure peut ignorer totalement l’accessibilité. Juridiquement, l’exemption peut exister dans certains cas, mais stratégiquement ce serait une erreur de repousser le sujet. Un site plus accessible améliore souvent la lisibilité, la compréhension, la conversion sur mobile, la qualité des formulaires et la robustesse globale de l’interface. Cette partie relève d’une recommandation de bon sens, au-delà du seul cadre réglementaire.
Attention : l’exemption des microentreprises ne doit pas être interprétée comme un feu vert pour ne rien faire. En pratique, il faut vérifier le type exact de service fourni, les parcours concernés et l’évolution prévue du site.”
WCAG, RGAA : quelle référence suivre en 2026 ?
Pour travailler sérieusement l’accessibilité web, il faut distinguer le cadre légal et la méthode opérationnelle.
Les WCAG 2.2 sont aujourd’hui la version de référence la plus récente du W3C. Le W3C recommande d’ailleurs d’adopter WCAG 2.2 comme nouvelle cible de conformité. Cette version ajoute de nouveaux critères, notamment sur la visibilité du focus, certains gestes complexes, la taille minimale de cible et l’authentification accessible.
En France, le référentiel opérationnel le plus concret reste le RGAA 4.1.2 actuellement en vigueur. La DINUM a annoncé une version 5 du RGAA pour fin 2026, mais elle précise aussi que les travaux réalisés aujourd’hui sur la base du RGAA 4.1.2 restent pleinement pertinents et ne doivent surtout pas être retardés.
En pratique, pour une entreprise française, la bonne approche consiste à viser un niveau de qualité aligné avec les WCAG 2.2 et à s’appuyer sur le RGAA 4.1.2 comme cadre de contrôle concret. C’est la façon la plus sérieuse d’éviter un discours purement marketing sur l’accessibilité.

Quand nous auditons un site, nous ne nous contentons pas d’un discours théorique sur les WCAG. Nous vérifions les gabarits, les formulaires, le menu, le focus clavier, les contrastes, les composants JavaScript, les PDF et les parcours de conversion. Nous utilisons le RGAA comme cadre de contrôle et les WCAG comme boussole qualité.
Un site déjà ancien est-il dispensé ?
Non, pas dans le sens où beaucoup l’imaginent.
La DGCCRF précise qu’un site internet ou une application mobile n’est pas considéré comme un “produit” au sens de la directive. Par conséquent, un site de vente en ligne déjà utilisé avant l’entrée en vigueur du texte n’entre pas dans l’exemption transitoire applicable à certains produits. En clair, l’argument “mon site existait avant 2025” ne protège pas un site e-commerce contre le sujet accessibilité.
C’est un point important à corriger dans de nombreux contenus publiés avant l’entrée en application de la directive.
Comment la réglementation est-elle contrôlée en France ?
En France, la DGCCRF fait partie des autorités compétentes. Elle indique que les contrôles ont commencé dès l’entrée en vigueur du texte, le 28 juin 2025, notamment en cas de signalement. Elle précise aussi que les agents peuvent enjoindre la mise en conformité, assortir cette injonction d’astreinte et appliquer des sanctions prévues par le code de la consommation. La page destinée aux professionnels mentionne des contraventions de 5e classe, avec des amendes de 7 500 euros, cumulatives selon le nombre d’infractions constatées.
Le sujet n’est donc plus théorique. En 2026, une entreprise a intérêt à documenter sa démarche, à prioriser ses corrections et à pouvoir démontrer qu’elle traite le sujet sérieusement.
Ce qu’une entreprise doit faire maintenant
La première étape consiste à réaliser un état des lieux. Il faut vérifier les gabarits clés, le menu, les contrastes, les titres, les liens, les formulaires, les erreurs de saisie, le tunnel de conversion, le paiement, le focus clavier, les alternatives textuelles et le comportement sur mobile avec technologies d’assistance.
La deuxième étape consiste à séparer les problèmes rapides des chantiers lourds. Certains correctifs sont simples : structure des titres, labels de champs, textes de liens, contrastes, ordre du focus, messages d’erreur, alternatives d’images. D’autres exigent une vraie reprise : composants JavaScript non accessibles, filtres complexes, mega-menu, carrousels, modules tiers, pop-ups, tunnel de commande, authentification ou captcha. Les critères WCAG 2.2 nouveaux ou renforcés rendent ce tri encore plus important.
La troisième étape consiste à travailler la chaîne entière. Un site n’est pas accessible uniquement parce que son thème l’est “à peu près”. Il faut aussi que les contenus soient bien rédigés, que les vidéos soient sous-titrées si nécessaire, que les fichiers PDF soient lisibles, que les boutons aient un vrai intitulé et que les contributeurs sachent produire du contenu accessible. Le RGAA rappelle justement que l’accessibilité concerne l’ensemble des contenus et services numériques.
La quatrième étape consiste à garder une preuve de votre démarche. Audit initial, plan d’action, arbitrages, priorisation, corrections réalisées, tests manuels et contre-tests doivent être conservés. C’est utile pour piloter le projet, mais aussi pour montrer que le sujet est pris au sérieux.

Ce que nous vérifions en priorité lors d’un pré-audit accessibilité
Avant de parler de mise en conformité complète, nous commençons toujours par un pré-audit ciblé sur les points les plus sensibles pour les utilisateurs et les plus exposés sur le plan réglementaire.
Nous vérifions en priorité la navigation au clavier, l’ordre de tabulation, les contrastes de couleurs, la structure des formulaires, la qualité des messages d’erreur, la clarté des liens et des boutons, le comportement des menus, l’accessibilité des carrousels, la lisibilité des fichiers PDF et la robustesse du tunnel de paiement.
Ce premier niveau d’analyse permet d’identifier rapidement les blocages les plus concrets : impossibilité d’utiliser le site sans souris, champs de formulaire mal compris, focus peu visible, composants interactifs difficiles à utiliser, ou encore parcours de commande partiellement inaccessible.
L’objectif n’est pas de produire un discours théorique sur l’accessibilité, mais de repérer les priorités réelles, de hiérarchiser les corrections et de construire une feuille de route pragmatique, adaptée au niveau de maturité du site.
FAQ
Mon site est vitrine, avec seulement un formulaire de contact. Suis-je concerné ?
Pas automatiquement au titre du commerce électronique. Le vrai critère, c’est la fourniture d’un service couvert par le texte, notamment la conclusion d’un contrat de consommation à distance.
Je suis une petite structure. Puis-je repousser le sujet ?
Même lorsqu’une exemption peut exister, repousser complètement le sujet n’est pas une bonne stratégie. Vous risquez de garder un site moins clair, moins robuste et moins performant pour une partie de vos visiteurs.
Faut-il viser WCAG ou RGAA ?
En 2026, le plus sérieux est de viser un niveau de qualité aligné sur WCAG 2.2 et de piloter les vérifications avec le RGAA 4.1.2 en France.
Les contrôles existent-ils vraiment ?
Oui. La DGCCRF indique que les contrôles ont commencé dès le 28 juin 2025.
Un site avec prise de rendez-vous en ligne est-il concerné ?
Cela dépend de la nature exacte du parcours proposé. Si le site se contente d’un simple formulaire de demande de contact, il n’entre pas automatiquement dans le champ du commerce électronique. En revanche, si la prise de rendez-vous permet de réserver une prestation, de souscrire un service, de payer en ligne ou de conclure une relation contractuelle à distance, le sujet doit être examiné de près. Dans ce cas, il est prudent d’évaluer le parcours comme un service numérique potentiellement concerné.
Que risque une entreprise qui ne fait rien ?
Le premier risque est juridique, avec d’éventuels contrôles, injonctions de mise en conformité, astreintes ou sanctions selon le cadre applicable. Mais le risque n’est pas seulement réglementaire. Une entreprise qui ne traite pas l’accessibilité peut aussi conserver un site plus difficile à utiliser, moins performant sur certains parcours clés, moins inclusif et moins rassurant pour une partie de ses visiteurs. En pratique, ne rien faire revient souvent à cumuler un risque de conformité et une perte d’efficacité commerciale.
Que retenir ?
En 2026, l’European Accessibility Act n’est plus une échéance future. Le texte s’applique déjà, et le commerce électronique fait clairement partie des services visés. Les microentreprises doivent vérifier précisément leur situation, mais aucune entreprise n’a intérêt à traiter l’accessibilité comme un simple sujet de communication. La bonne approche consiste à auditer, corriger, prioriser et former, avec une méthode sérieuse appuyée sur les WCAG et le RGAA.
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