Une grille de douze colonnes, un titre à gauche, une image à droite, trois cartes parfaitement alignées.
La page fonctionne. Elle est claire. Mais elle peut aussi ressembler à beaucoup d’autres.
À l’inverse, certaines interfaces cherchent tellement à sortir du cadre qu’elles deviennent difficiles à lire : titres qui chevauchent plusieurs images, blocs décalés sans logique apparente, éléments flottants, animations dans tous les sens. On voit la direction artistique avant de comprendre le contenu.
J’aime les compositions qui prennent des libertés. Une photographie qui déborde franchement de sa colonne, un titre qui change d’échelle, un espace beaucoup plus important à un endroit précis ou une section qui rompt volontairement le rythme peuvent donner énormément de personnalité à un site.
Mais je garde une règle assez simple : si je retire les effets graphiques, la structure de la page doit encore tenir.
Une composition originale ne devrait pas demander à l’utilisateur de réapprendre à lire une page web.
Ce que la composition change réellement dans une interface
La composition correspond à la façon dont les éléments occupent l’écran et se répondent : position, taille, espace, densité, alignements, images, textes, couleurs et rapports d’échelle.
Deux sites peuvent utiliser la même palette et les mêmes typographies tout en transmettre des sensations très différentes.
Imaginez la même marque avec une serif élégante, un beige chaud et une photographie de qualité.
Dans une première maquette, tout est centré, très espacé et parfaitement symétrique. Dans la seconde, la photographie occupe presque les deux tiers de l’écran, le titre est placé sur le côté et une petite légende vient volontairement déséquilibrer l’ensemble.
Les ingrédients sont identiques. La personnalité ne l’est plus.
C’est pour cela que je considère la composition comme une partie de l’identité visuelle d’un site web. Une marque se reconnaît aussi dans sa manière d’utiliser l’espace.
La grille sert de repère, pas de cage
J’utilise une grille sur presque tous les projets. Même lorsque le résultat final paraît très libre.
Elle me donne quelques repères stables : marges extérieures, colonnes, gouttières et axes d’alignement. Je peux ensuite décider de les respecter ou de les rompre.
C’est une nuance importante.
Une image qui dépasse d’une colonne peut fonctionner parce que tout le reste de la page permet de comprendre qu’il s’agit d’un choix. Sans structure de départ, le même décalage peut simplement donner une impression d’imprécision.
MDN décrit CSS Grid comme un système de mise en page bidimensionnel organisé en lignes et colonnes. Cette logique correspond assez bien à ma manière de travailler une composition : créer un cadre avant de décider où il est intéressant d’en sortir.
Je ne cherche donc pas à remplir chaque colonne. La grille m’aide surtout à savoir pourquoi un élément se trouve là où il se trouve.
Quelques alignements suffisent souvent à structurer une page
Quand une maquette semble un peu flottante, j’affiche les guides.
On découvre parfois quatre ou cinq débuts de colonnes différents dans une même section, sans véritable raison. Le titre commence à un endroit, le paragraphe 20 pixels plus loin, l’image encore ailleurs.
Ce type de décalage est rarement perçu comme créatif. Il ressemble plutôt à un manque de précision.
Je préfère travailler avec quelques axes forts, puis créer des ruptures franches lorsque j’en ai besoin.
Un élément décalé de 6 ou 8 pixels par rapport aux autres ressemble souvent à une erreur. Un décalage de 80 pixels devient lisible comme un choix de composition.
Cette différence paraît minime sur une maquette, mais elle change complètement la sensation de maîtrise.
Symétrie et asymétrie ne produisent pas le même rythme
Une composition symétrique répartit les masses de manière stable autour d’un axe. Elle produit facilement une sensation d’ordre et de calme.
L’asymétrie introduit plus de tension.
Une grande photographie peut occuper presque les deux tiers de l’écran tandis qu’un petit bloc de texte se place dans l’espace restant. Les deux zones n’ont ni la même largeur ni la même densité, mais l’ensemble peut rester parfaitement équilibré.
Figma présente cette distinction dans ses principes du design graphique : l’équilibre peut être symétrique ou asymétrique selon la répartition du poids visuel.
J’utilise souvent l’asymétrie parce qu’elle donne plus de mouvement à une page. Mais elle fonctionne uniquement si les masses se répondent.
Une énorme image à gauche et trois lignes perdues dans le coin droit ne deviennent pas automatiquement une composition équilibrée.
Comprendre le poids visuel avant de déplacer les blocs
Le poids visuel n’est pas proportionnel à la surface occupée.
Un petit bouton rouge très saturé peut attirer davantage le regard qu’un grand rectangle beige. Un visage attire naturellement l’attention. Un prix écrit en caractères très gras peut devenir le point principal d’une fiche même s’il occupe peu de place.
Je regarde donc la taille, le contraste, la saturation, la densité et la position, mais aussi le contenu lui-même.
Ce dernier point est souvent sous-estimé.
Une photographie abstraite et une photographie montrant un visage ne produisent pas le même poids. Un « 39 € » ne se lit pas comme un paragraphe de même taille.
Lorsque je compose une page, je ne cherche donc pas un équilibre purement géométrique. Je regarde ce que l’œil va réellement rencontrer.
Une page riche a besoin d’un point focal
Il est possible d’utiliser beaucoup de couleurs, plusieurs tailles de textes, des images et quelques éléments décoratifs sans perdre l’utilisateur.
À une condition : tout ne doit pas réclamer la première place.
Prenons un hero avec un titre XXL, une vidéo en arrière-plan, un gros chiffre, une forme animée et un bouton fluorescent. Chaque idée peut fonctionner séparément. Ensemble, elles peuvent rendre la lecture indécise.
Je préfère choisir un élément dominant.
Si le titre porte le message principal, l’image peut l’accompagner sans essayer de prendre le dessus. Si le produit doit être vu immédiatement, la typographie peut rester plus discrète.
La question est très proche du travail que Kim développe dans son article sur la hiérarchie visuelle.
Une composition peut être complexe. Le chemin du regard, lui, gagne à rester assez évident.
L’espace vide doit avoir une fonction
L’espace blanc ne signifie pas forcément fond blanc. Il s’agit simplement de la place laissée entre deux éléments.
Il permet de séparer des sujets, regrouper ce qui appartient au même ensemble ou donner plus d’importance à un contenu isolé.
Le W3C recommande également l’usage des espacements et de la proximité pour rendre les relations entre contenus plus faciles à comprendre dans ses conseils sur la conception accessible.
Mais je me méfie de l’espace utilisé comme automatisme esthétique.
Sur certains sites, chaque section est séparée de la suivante par plusieurs centaines de pixels. La capture d’écran paraît sophistiquée. La navigation réelle, elle, demande beaucoup de scroll pour passer d’une information à l’autre.
Un grand vide peut être utile avant une annonce importante. Il l’est beaucoup moins lorsqu’il sépare artificiellement deux paragraphes qui appartiennent au même raisonnement.
Le W3C consacre d’ailleurs une recommandation spécifique à l’utilisation des espaces blancs.
Créer du rythme avec des zones denses et des respirations
Je préfère rarement une page dont toutes les sections ont exactement la même densité.
Un hero peut être très dépouillé, suivi d’une section plus riche avec plusieurs informations. Une grande photographie peut ensuite créer une pause avant un contenu éditorial plus dense.
Ce rythme évite que la page ressemble à une longue succession de composants identiques.
Il permet aussi de choisir les endroits où la direction artistique doit réellement s’exprimer.
Une page n’a pas besoin d’être spectaculaire partout.
J’avais déjà abordé cette idée dans l’article « Minimalisme ou maximalisme : quel style choisir pour son site web ? ». Une interface peut mêler des moments très expressifs et des zones beaucoup plus calmes sans perdre sa cohérence.
Quand casser la grille devient intéressant
Une rupture fonctionne mieux lorsqu’elle contraste avec une règle visible.
Si toutes les images commencent au même endroit, faire sortir une photographie de la grille sur une section importante peut immédiatement attirer l’attention.
Si toutes les sections sont déjà décalées, superposées et irrégulières, la même rupture n’a plus vraiment d’effet.
J’utilise donc ce principe avec parcimonie.
Une citation peut déborder dans la marge. Un chiffre peut être beaucoup plus grand que son bloc. Une image peut traverser deux colonnes normalement distinctes.
Ce qui m’intéresse est le contraste entre la structure habituelle et le moment où elle se relâche.
Casser une règle graphique devient intéressant lorsque cette règle existe d’abord quelque part.
Superpositions : donner de la profondeur sans perdre le texte
Une superposition peut rendre une composition immédiatement moins plate.
J’aime par exemple qu’une photographie déborde légèrement sur un aplat coloré ou qu’un grand mot passe partiellement derrière une image.
Mais les superpositions deviennent vite fragiles.
Premier problème : le contraste. Un texte blanc peut être lisible sur la moitié sombre d’une photo et disparaître sur sa partie claire.
Deuxième problème : le contenu réel. Une composition dessinée pour un titre de quatre mots peut casser lorsque le titre en fait neuf.
Troisième problème : le responsive. Une superposition élégante sur 1440 pixels peut devenir illisible sur 390.
CSS Grid permet techniquement de superposer plusieurs éléments dans une même zone, comme l’explique MDN dans ses concepts de base de Grid Layout.
Mais le fait qu’un effet soit facile à produire techniquement ne suffit pas à le rendre pertinent.
Le cadrage des images influence toute la composition
Je préfère choisir les images assez tôt dans le travail de maquette.
Un simple rectangle gris donne une information sur la taille du bloc, mais presque aucune sur son poids visuel.
Une photographie verticale, une image panoramique ou un portrait détouré vont imposer des comportements très différents.
Imaginons une photo montrant une personne placée tout à droite du cadre. Elle peut fonctionner parfaitement avec un texte à gauche. Si je la recadre en format carré sans y penser, le visage peut se retrouver au centre et l’équilibre de toute la section change.
Le cadrage est donc déjà une décision de composition.
C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles les maquettes entièrement réalisées avec des placeholders me semblent parfois trompeuses. Elles montrent une structure idéale qui ne résistera pas forcément aux vrais visuels.
La typographie peut devenir une masse graphique
Un grand titre crée une forme.
Sa longueur, le nombre de lignes, la graisse et l’interlignage modifient directement l’équilibre de la page.
Un titre très large sur une seule ligne donne une direction horizontale. Le même texte découpé sur quatre lignes construit une masse verticale beaucoup plus lourde.
J’aime utiliser cette propriété pour donner du caractère à une composition sans ajouter nécessairement d’illustrations ou d’éléments décoratifs.
Mais je garde une contrainte très concrète : le système doit supporter le vrai contenu.
Un titre parfaitement calibré avec « Notre vision » peut devenir beaucoup plus compliqué avec « Notre manière de concevoir des espaces de travail durables ».
La traduction pose le même problème.
Je préfère donc concevoir plusieurs longueurs possibles plutôt qu’une seule capture d’écran parfaite.
J’explique plus précisément ce travail dans l’article consacré à la typographie web.
Utiliser la couleur pour organiser l’espace
La couleur peut remplacer une bordure, réunir plusieurs informations ou marquer un changement de sujet.
Un fond coloré derrière trois blocs indique immédiatement qu’ils appartiennent au même ensemble. Une petite zone très saturée peut également créer un point d’attention sans occuper beaucoup de place.
Je regarde toutefois comment ces aplats se succèdent sur mobile.
Trois zones colorées placées côte à côte sur desktop peuvent devenir trois bandes verticales très imposantes lorsqu’elles s’empilent. Une composition légère sur grand écran peut alors paraître beaucoup plus lourde.
La palette ne peut donc pas être choisie indépendamment de la mise en page.
Cette question rejoint mon article sur le choix d’une palette de couleurs pour l’identité visuelle et le web.
Toutes les informations n’ont pas besoin d’une carte
La carte est devenue l’un des composants les plus courants du web.
Elle est très pratique lorsqu’il faut présenter une série d’éléments autonomes : produits, prestations, articles, ressources ou témoignages.
Je trouve en revanche qu’elle est parfois utilisée simplement parce qu’elle facilite la mise en page.
Un titre, trois lignes de texte et une icône n’ont pas toujours besoin d’un fond, d’une bordure, d’un rayon de 16 pixels et d’une ombre.
L’espacement peut suffire à créer le groupe.
Retirer la carte peut même donner plus d’air à une section et faire ressortir la typographie.
Je conserve donc le composant lorsqu’il aide réellement à comprendre qu’un contenu forme une unité indépendante.
Sortir de la succession classique de bandes horizontales
Beaucoup de pages suivent le même rythme : hero, section blanche, section grise, nouvelle section blanche, bande colorée puis footer.
Cette construction est efficace. Elle devient simplement très prévisible lorsqu’elle est répétée sans variation.
Une solution consiste à créer des transitions plus progressives entre les sections.
Une photographie peut commencer dans une zone blanche et déborder dans la suivante. Un bloc de chiffres peut chevaucher un changement de fond. Un élément typographique peut relier visuellement deux parties.
Le contenu reste organisé en sections. L’utilisateur le comprend toujours. Mais la page ne donne plus l’impression d’avoir été construite en empilant des rectangles.
Je préfère généralement ce type de continuité aux effets décoratifs ajoutés après coup.
Ce que devient la composition sur mobile
C’est souvent là que les idées les plus séduisantes doivent être revues.
Une composition asymétrique peut utiliser un grand vide sur la gauche et une image massive sur la droite. Sur smartphone, ce rapport de masses n’est plus disponible.
Je ne cherche pas à réduire proportionnellement le desktop.
Je cherche ce qui faisait fonctionner l’idée.
Était-ce la différence d’échelle ? La proximité entre le texte et l’image ? Le chevauchement ? Le contraste entre une zone pleine et une zone vide ?
Une fois ce principe identifié, je peux le traduire autrement.
Un chevauchement peut disparaître sur mobile tout en gardant une forte différence d’échelle. Une image située à droite peut passer sous le titre. Une section très horizontale peut devenir une alternance verticale.
Le W3C recommande justement de prévoir des mises en page capables de fonctionner selon différentes tailles de viewport dans ses conseils de conception accessible.
Kim développe ce sujet dans son article consacré à l’UX mobile et à l’adaptation de l’expérience.
L’ordre visuel ne doit pas contredire l’ordre du contenu
CSS Grid permet de déplacer visuellement un élément très loin de sa position d’origine dans le document.
C’est puissant. Cela peut aussi créer un vrai problème.
Une personne qui parcourt visuellement la page peut alors rencontrer les informations dans un ordre différent de celui d’une personne utilisant le clavier ou un lecteur d’écran.
MDN attire précisément l’attention sur ce risque dans sa documentation sur Grid Layout et l’accessibilité.
Je préfère donc que la structure HTML soit logique avant d’utiliser la mise en page pour créer des variations visuelles.
Si la composition exige de mettre le troisième contenu en premier, le problème mérite souvent d’être réglé dans la structure plutôt que masqué en CSS.
Jusqu’où peut-on aller sans dégrader l’accessibilité ?
Une composition originale n’est pas incompatible avec l’accessibilité.
Une asymétrie, un grand titre ou une image qui déborde ne posent pas de problème par principe.
Je deviens beaucoup plus prudente lorsque la créativité affecte directement la compréhension ou l’utilisation.
Un texte placé sur une image doit conserver un contraste suffisant. Un regroupement de contenus doit rester perceptible. Un bouton ne devrait pas disparaître parce qu’il s’intègre trop bien dans la composition.
Je vérifie également ce qui se passe lorsque le texte est agrandi ou que la largeur diminue.
Le W3C propose un module consacré au design visuel accessible, notamment sur le contraste, les espacements et les layouts flexibles.
TooNetCreation aborde aussi cette question dans l’article « Accessibilité web et design : non, un site accessible n’est pas forcément moche ».
Une belle maquette doit résister aux vrais contenus
Figma permet de placer n’importe quel élément exactement où je veux.
Une interface réelle doit ensuite accepter un titre plus long, un paragraphe supplémentaire, une image d’un autre format ou une traduction.
C’est là que certaines compositions montrent leurs limites.
Un design qui repose sur trente positions absolues et des hauteurs fixes peut être parfait dans la maquette de référence tout en devenant très fragile une fois développé.
Je préfère travailler avec des règles : proportions, min/max, alignements, grilles, espaces et comportements responsive.
Cette approche laisse un peu moins de contrôle pixel par pixel, mais elle produit des interfaces qui supportent mieux la vie réelle du site.
Les possibilités offertes par CSS Grid Layout permettent aujourd’hui de construire des compositions assez ambitieuses sans abandonner toute logique responsive.
Trois exemples de compositions selon le projet
Une agence créative
Imaginons une page qui présente l’agence, ses expertises, quelques réalisations, des chiffres et l’équipe.
La première version utilise une grille de trois cartes dans presque toutes les sections. Tout est lisible, mais le rythme reste identique du début à la fin.
Je garderais probablement la grille pour les expertises, parce qu’elle facilite la comparaison.
Pour les réalisations, je changerais complètement d’échelle : un projet très grand, puis un second plus petit. Les chiffres pourraient ensuite utiliser une typographie massive avant de revenir vers une grille beaucoup plus régulière pour l’équipe.
Les contenus restent les mêmes. C’est leur mise en scène qui crée le rythme.
Une marque haut de gamme
Le réflexe consiste souvent à utiliser énormément d’espace, une serif fine et une grande photographie.
Cette recette fonctionne, mais elle n’est pas obligatoire.
Une interface premium peut être relativement dense si les proportions sont très maîtrisées.
Une photographie pleine hauteur, un petit texte placé avec précision, une numérotation discrète et un fort contraste d’échelle peuvent suffire.
Ce qui me donne une impression de qualité ici n’est pas la quantité de vide. C’est l’absence d’éléments qui semblent placés par défaut.
Un festival ou un site culturel
Je peux prendre beaucoup plus de libertés : affiches qui se chevauchent, grandes typographies, images détourées, couleurs très fortes, éléments partiellement hors grille.
Je garderais cependant les zones fonctionnelles plus simples.
Les dates doivent rester faciles à lire. Le programme doit être parcouru rapidement. Le bouton de billetterie ne gagne rien à être caché dans un collage graphique.
Je peux être très libre dans la partie expressive et beaucoup plus classique là où l’utilisateur doit agir.
Les erreurs que je rencontre le plus souvent
Des décalages trop faibles pour paraître volontaires
Quelques pixels d’écart entre deux alignements donnent rarement de la personnalité. Ils donnent surtout l’impression qu’un élément a bougé.
Une rupture différente dans chaque section
Si la première image dépasse à gauche, que la suivante monte dans le titre et que la troisième sort complètement du conteneur sans logique commune, la page peut perdre sa cohérence.
Tout mettre dans des cartes
Un composant pratique ne doit pas devenir la réponse à tous les contenus.
Créer du vide pour créer du vide
L’espace doit aider à lire ou donner du poids à une partie précise. Sinon, il rallonge simplement la page.
Multiplier les superpositions
Une superposition bien choisie peut suffire à donner de la profondeur à une section. Leur accumulation rend vite la composition fragile.
Concevoir avec des textes artificiellement courts
Une interface doit fonctionner avec les titres et paragraphes réels. C’est particulièrement vrai pour les sites administrables.
Traiter le mobile une fois le desktop complètement figé
Certaines compositions demandent une vraie transformation. Mieux vaut le découvrir avant la fin du travail graphique.
Modifier l’ordre visuel sans vérifier l’ordre logique
La mise en page CSS ne doit pas produire deux parcours de lecture contradictoires.
Ajouter de l’originalité aux zones qui n’en ont pas besoin
Un formulaire de paiement n’a pas forcément besoin d’une composition expérimentale.
Créer une maquette impossible à reproduire ailleurs
Si chaque nouvelle page nécessite une intervention spécifique du designer et du développeur, le système sera difficile à maintenir.
Ma méthode pour construire une composition
Je commence par les vrais contenus autant que possible. Un H1, un paragraphe de longueur réaliste, les principaux visuels et les actions importantes donnent déjà beaucoup d’informations sur la structure.
Je pose une grille
Je définis les marges, les colonnes et quelques axes d’alignement. Cette première structure peut ensuite être cassée, mais je veux savoir ce que je suis en train de casser.
Je travaille les grandes masses
Avant les pictogrammes et les petits effets, je place le titre, les images, les textes et les grands espaces. Si cette version fonctionne en niveaux de gris, j’ai déjà une bonne base.
Je choisis le point focal
Dans chaque section importante, je veux savoir ce qui doit être vu en premier. Je règle ensuite le poids des autres éléments autour de cette priorité.
Je teste plusieurs rapports d’échelle
Un titre 20 % plus grand ne change parfois presque rien. Le doubler peut en revanche transformer complètement la section. Je préfère tester de vraies différences plutôt que rester systématiquement dans des variations prudentes.
Je regarde la page entière
Une très belle section peut être un mauvais choix si les trois sections suivantes utilisent exactement la même mécanique.
Je dézoome souvent pour regarder le rythme global : alternance des masses, espaces, couleurs, tailles d’images et densité.
Je passe au mobile assez tôt
Je cherche la logique de transformation avant d’avoir peaufiné chaque détail desktop.
Je confronte la maquette au développement
Plus la composition est libre, plus cette discussion devient utile. Une solution légèrement différente peut parfois conserver exactement l’effet recherché tout en étant beaucoup plus robuste.
C’est cette articulation entre identité graphique, interface et usage que nous travaillons dans nos projets de conception UX/UI chez TooNetCreation.
Ma checklist avant de valider une maquette
- Est-ce que je sais ce que l’œil voit en premier ?
- Les principaux alignements sont-ils cohérents ?
- Les décalages qui sortent de la grille paraissent-ils réellement volontaires ?
- Les espaces séparent-ils des informations ou ajoutent-ils simplement du scroll ?
- La page alterne-t-elle suffisamment les rythmes ?
- Les images fonctionnent-elles avec leur vrai cadrage ?
- Les superpositions conservent-elles un contraste correct ?
- La maquette supporte-t-elle un titre ou un paragraphe plus long ?
- L’ordre du document reste-t-il logique indépendamment de la mise en page ?
- Le principe graphique peut-il être adapté au mobile ?
- Les zones fonctionnelles restent-elles faciles à comprendre ?
- Le système peut-il être réutilisé sur de nouvelles pages ?
FAQ sur la composition web
Qu’est-ce qu’une grille en webdesign ?
Une grille organise la page à partir de colonnes, marges, gouttières et lignes d’alignement. Elle sert de cadre commun aux différents contenus. Les éléments peuvent ensuite dépasser ou rompre cette structure si le choix est volontaire.
Une grille de 12 colonnes est-elle obligatoire ?
Non. Douze colonnes sont pratiques parce qu’elles peuvent être divisées facilement en plusieurs configurations, mais quatre, six ou huit colonnes peuvent être tout aussi pertinentes selon le projet.
Comment créer une mise en page asymétrique sans déséquilibrer la page ?
Il faut regarder le poids visuel plutôt que rechercher des dimensions identiques. Une grande image peut être équilibrée par un titre plus petit mais très contrasté, une couleur forte ou une zone vide importante.
Qu’est-ce qu’une broken grid ?
On utilise généralement ce terme pour désigner une composition dans laquelle certains éléments débordent volontairement de la grille, se chevauchent ou utilisent des alignements irréguliers. Une structure reste souvent présente en arrière-plan.
Les superpositions sont-elles mauvaises pour l’accessibilité ?
Non. Elles posent problème lorsqu’elles réduisent le contraste, cachent des informations, perturbent l’ordre de lecture ou deviennent inutilisables lorsque la taille du texte ou du viewport change.
Comment rendre une page originale sans ajouter beaucoup d’effets ?
Les différences d’échelle, le cadrage des images, l’asymétrie, les espaces et les variations de densité suffisent souvent. Une composition peut avoir beaucoup de personnalité sans animation ni décoration supplémentaire.
Pourquoi certaines compositions desktop fonctionnent-elles mal sur mobile ?
Elles reposent parfois sur une grande largeur, plusieurs colonnes ou des superpositions difficiles à conserver. Il faut alors traduire le principe graphique plutôt que réduire toute la composition.
Une composition originale est-elle forcément plus difficile à développer ?
Pas nécessairement. Une mise en page construite avec CSS Grid, des règles flexibles et des proportions peut rester robuste. Les difficultés apparaissent surtout lorsque le design dépend d’un grand nombre de positions fixes ou de contenus très précisément calibrés.
Sources et ressources
- Figma – Principes du design graphique : équilibre, hiérarchie, contraste et organisation des éléments visuels.
- W3C – Concevoir pour l’accessibilité Web : conseils sur les espacements, regroupements, composants et différentes tailles de viewport.
- W3C – Use White Spacing : utilisation de l’espace pour organiser et séparer les contenus.
- W3C – Visual Design : principes de design visuel accessible, contraste, espacements et layouts flexibles.
- MDN – Grilles CSS : fonctionnement de CSS Grid et construction de mises en page en lignes et colonnes.
- MDN – Concepts de base des grilles CSS : colonnes, lignes, gouttières, zones et superpositions.
- MDN – Grid layout and accessibility : précautions à prendre lorsque l’ordre visuel diffère de la structure du document.
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