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Comment choisir une palette de couleurs pour son identité visuelle et son site web ?

Comment choisir une palette de couleurs pour son identité visuelle et son site web ?

Choisir les couleurs d’une identité visuelle paraît parfois être l’une des étapes les plus simples d’un projet.

On aime un bleu, un rose ou un vert. On sélectionne deux ou trois nuances qui fonctionnent bien ensemble. On ajoute du blanc et du noir.

Et la palette est terminée.

En réalité, je trouve cette étape beaucoup plus intéressante que cela.

Une palette doit bien sûr créer une ambiance et participer à la personnalité de la marque. Mais lorsqu’elle est destinée à vivre sur un site internet, elle doit aussi permettre de :

  • hiérarchiser les informations ;
  • identifier les actions ;
  • faire ressortir certains contenus ;
  • conserver une bonne lisibilité ;
  • fonctionner sur des dizaines de composants différents ;
  • rester cohérente sur mobile ;
  • et être suffisamment flexible pour évoluer avec la marque.

Une belle association de cinq couleurs dans un moodboard n’est donc pas forcément une bonne palette pour une interface.

Pour moi, une palette réussie ne se contente pas d’être harmonieuse. Chaque couleur doit progressivement trouver sa place et sa fonction.

Qu’est-ce qu’une palette de couleurs ?

Une palette de couleurs est un ensemble de teintes sélectionnées pour construire l’univers visuel d’une marque ou d’une interface.

Elle peut comprendre :

  • une couleur principale ;
  • une ou plusieurs couleurs secondaires ;
  • une couleur d’accent ;
  • des couleurs neutres ;
  • des variantes plus claires ou plus foncées ;
  • des couleurs fonctionnelles pour les messages d’état.

La palette participe directement à l’identité visuelle et à la charte graphique d’une entreprise.

Mais sur le web, elle doit aller plus loin qu’une simple liste de références HEX.

Elle devient un véritable système.

Une couleur peut être destinée :

  • aux grands aplats ;
  • aux titres ;
  • aux boutons ;
  • aux liens ;
  • aux bordures ;
  • aux cartes ;
  • aux états de survol ;
  • aux erreurs ;
  • aux confirmations ;
  • ou à certains éléments décoratifs.

Deux identités utilisant exactement les mêmes couleurs peuvent donc produire des interfaces très différentes selon la manière dont ces couleurs sont réparties.

Avant de choisir les couleurs : comprendre la marque

Je préfère ne pas commencer un projet en ouvrant directement un sélecteur de couleurs.

Avant de choisir une palette, il faut comprendre ce que l’identité doit exprimer.

Je peux par exemple me demander :

  • quelle est la personnalité de la marque ;
  • quelles valeurs elle veut transmettre ;
  • à quel public elle s’adresse ;
  • comment elle souhaite être perçue ;
  • quels sont les codes graphiques de son secteur ;
  • et dans quelle mesure elle souhaite les suivre ou s’en éloigner.

C’est ici que le travail réalisé en amont prend tout son sens.

Dans mon article consacré au moodboard et au passage de l’inspiration à la direction artistique, j’explique justement que les couleurs apparaissent d’abord comme des pistes.

Le moodboard peut révéler une attirance vers :

  • des tons très chauds ;
  • des couleurs très saturées ;
  • des palettes naturelles ;
  • des contrastes noir et blanc ;
  • des pastels ;
  • des couleurs métalliques ;
  • ou des associations beaucoup plus inattendues.

À ce stade, je n’ai pas encore besoin de connaître le code exact du rose ou du vert.

Je cherche surtout à savoir quel type de sensation visuelle correspond au projet.

Pourquoi je me méfie de la « psychologie des couleurs » trop simplifiée

On trouve énormément de tableaux sur Internet qui expliquent :

  • bleu = confiance ;
  • rouge = passion ;
  • vert = nature ;
  • jaune = optimisme ;
  • violet = créativité ;
  • noir = luxe.

Ces associations peuvent parfois constituer des pistes.

Mais je trouve dangereux de les considérer comme des règles.

Un bleu pastel et un bleu électrique ne produisent pas du tout la même sensation.

Un rouge associé à du beige n’a pas le même impact qu’un rouge associé à du noir.

Un vert kaki, un vert fluorescent et un vert sauge ne racontent évidemment pas la même chose.

La perception dépend aussi :

  • de la saturation ;
  • de la luminosité ;
  • des autres couleurs utilisées ;
  • de la typographie ;
  • des images ;
  • du secteur ;
  • du contexte culturel ;
  • et de l’histoire de la marque.

Une couleur ne possède pas une personnalité isolée. C’est son contexte qui lui donne une grande partie de son sens.

Je préfère donc partir du projet plutôt que d’essayer de faire correspondre mécaniquement une valeur à une couleur.

Comment choisir une couleur principale ?

La couleur principale est souvent celle qui sera le plus directement associée à la marque.

Elle peut apparaître dans :

  • le logo ;
  • les grands aplats ;
  • les éléments graphiques ;
  • les réseaux sociaux ;
  • les supports imprimés ;
  • certains composants du site.

Elle doit donc être suffisamment identifiable pour participer à l’univers de marque.

Mais je ne pense pas qu’elle doive nécessairement être la couleur la plus présente sur toutes les pages du site.

Prenons une marque dont la couleur principale est un violet très intense.

Elle peut parfaitement utiliser :

  • du blanc ou un gris très clair comme fond dominant ;
  • le violet sur certains titres ou composants ;
  • une couleur complémentaire pour quelques détails ;
  • et conserver le violet comme signature forte plutôt que comme couleur omniprésente.

C’est souvent plus efficace.

Une couleur peut être très identitaire sans couvrir 80 % de l’écran.

Exemple d’interface web utilisant un violet intense comme couleur principale de marque, employé avec parcimonie sur les titres, boutons et éléments clés plutôt que sur l’ensemble de la page.

À quoi servent les couleurs secondaires ?

Les couleurs secondaires viennent enrichir le système.

Elles peuvent permettre :

  • d’introduire davantage de variété ;
  • de créer plusieurs familles de contenus ;
  • de différencier certains univers ;
  • de créer des illustrations ;
  • de composer des graphiques ou pictogrammes ;
  • ou simplement d’éviter qu’une identité devienne monotone.

Mais elles doivent rester cohérentes avec la direction générale.

Je trouve souvent plus intéressant de se poser cette question :

« Qu’est-ce que cette couleur supplémentaire me permet de faire que je ne pouvais pas faire auparavant ? »

Si la réponse est simplement :

« Elle est jolie avec les autres »,

ce n’est peut-être pas suffisant.

La couleur d’accent : attirer l’attention sans l’utiliser partout

La couleur d’accent possède une fonction particulière.

Elle doit généralement attirer le regard.

Elle peut servir à mettre en évidence :

  • un CTA ;
  • une information importante ;
  • un lien ;
  • un chiffre ;
  • une sélection ;
  • un détail graphique.

Mais pour qu’une couleur attire l’attention, il faut accepter qu’elle ne soit pas partout.

C’est exactement le principe développé par Kim dans son article consacré à la hiérarchie visuelle d’une page web.

Si chaque titre, bouton, icône, bordure et carte utilise la couleur d’accent, plus rien ne semble réellement prioritaire.

J’aime donc réfléchir en termes de rareté.

Plus une couleur doit attirer l’attention, plus son utilisation mérite souvent d’être maîtrisée.

Illustration comparant une interface qui utilise trop souvent la couleur d’accent et une interface où cette couleur est réservée aux éléments prioritaires afin de mieux guider le regard et renforcer la hiérarchie visuelle.

Pourquoi les couleurs neutres sont essentielles

Les couleurs neutres sont parfois moins excitantes lorsqu’on construit un moodboard.

Pourtant, elles deviennent essentielles lorsqu’on commence à créer une vraie interface.

Elles peuvent servir :

  • aux arrière-plans ;
  • aux textes ;
  • aux bordures ;
  • aux séparateurs ;
  • aux éléments désactivés ;
  • aux cartes ;
  • aux zones secondaires.

Les neutres ne sont d’ailleurs pas forcément du noir, du blanc et du gris pur.

Une identité peut utiliser :

  • un blanc légèrement rosé ;
  • un beige très clair ;
  • un gris bleuté ;
  • un brun presque noir ;
  • un gris légèrement violet.

Ces nuances peuvent participer subtilement à l’univers.

Un fond blanc pur et un fond ivoire ne donnent pas exactement la même sensation.

C’est parfois dans ces petits choix que l’identité devient plus cohérente.

Comparaison entre une interface utilisant des neutres purs et une interface avec des neutres nuancés, montrant comment beige, gris bleuté, ivoire et brun foncé renforcent subtilement l’identité visuelle.

Donner un rôle à chaque couleur

C’est probablement l’étape qui transforme réellement une palette esthétique en palette exploitable.

Au lieu d’avoir :

  • violet ;
  • rose ;
  • beige ;
  • bleu foncé ;
  • gris.

je préfère progressivement arriver à une logique du type :

CouleurRôle principal
Bleu très foncé Texte principal, titres, éléments très contrastés
Violet Couleur principale de marque
Rose Accent, mise en avant ponctuelle
Beige clair Arrière-plans secondaires
Gris clair Bordures, séparateurs, composants secondaires

Cette logique permet ensuite de garder une cohérence lorsque plusieurs personnes travaillent sur le projet.

Le développeur ou le designer n’a plus à choisir arbitrairement une couleur à chaque nouveau composant.

Une palette n’est pas seulement une liste de cinq couleurs

Sur un site web, une couleur doit souvent exister dans plusieurs nuances.

Une couleur principale peut par exemple disposer :

  • d’une variante très claire ;
  • d’une variante claire ;
  • de la couleur de référence ;
  • d’une variante foncée ;
  • d’une variante très foncée.

Ces variations permettent de créer :

  • des arrière-plans ;
  • des états de survol ;
  • des bordures ;
  • des composants secondaires ;
  • des contrastes différents.

Il faut cependant éviter de produire vingt variantes simplement parce qu’un logiciel permet de le faire.

Une palette doit rester exploitable.

Chaque nuance supplémentaire augmente aussi le nombre de décisions possibles.

Si elle n’a aucun usage identifié, elle n’est peut-être pas nécessaire.

Illustration d’un système de couleurs montrant cinq nuances d’un bleu principal et leurs usages dans une interface web : arrière-plans, survols, bordures, composants secondaires et contrastes, avec comparaison face à une palette comportant trop de variantes.

Contraste et lisibilité : la palette doit fonctionner dans la vraie vie

C’est probablement le moment où certaines palettes très jolies commencent à montrer leurs limites.

Une association pastel peut être magnifique dans un moodboard.

Mais si l’on écrit un texte rose pâle sur un fond beige clair, la lecture peut devenir très difficile.

Les WCAG 2.2 du W3C fixent notamment pour le niveau AA un contraste minimal de 4,5:1 pour le texte courant et de 3:1 pour certains textes de grande taille.

Ces règles ne signifient pas que toutes les marques doivent utiliser noir sur blanc.

Il existe énormément de possibilités.

Mais il faut tester les combinaisons réellement utilisées :

  • texte sur fond principal ;
  • texte sur fond secondaire ;
  • bouton et libellé ;
  • liens ;
  • cartes ;
  • états interactifs.

Le W3C rappelle également dans ses recommandations de conception accessible que le contraste doit être intégré à la réflexion dès le design, et non corrigé uniquement à la fin du projet.

C’est une approche que je trouve beaucoup plus logique.

L’accessibilité doit influencer la palette avant que celle-ci soit considérée comme définitive.

Pourquoi la couleur ne doit pas transmettre seule une information

La couleur est très utile pour indiquer :

  • un succès ;
  • une erreur ;
  • une sélection ;
  • une catégorie ;
  • un état.

Mais elle ne devrait pas être le seul moyen de transmettre cette information.

Les WCAG précisent que la couleur ne doit pas être utilisée comme seul moyen visuel de véhiculer une information ou d’indiquer une action.

Imaginons un formulaire.

Si un champ incorrect devient simplement rouge, certaines personnes peuvent ne pas comprendre ce qui se passe.

On peut ajouter :

  • une icône ;
  • un message d’erreur ;
  • une bordure identifiable ;
  • un texte explicatif.

Même chose pour un graphique.

Deux courbes ne devraient pas être différenciées uniquement par leur couleur si elles peuvent également utiliser :

  • des motifs ;
  • des formes de points ;
  • des libellés ;
  • ou des styles de lignes différents.

Du moodboard à la palette définitive

Dans un moodboard, les couleurs sont encore des intentions.

On peut observer que plusieurs références font apparaître :

  • un orange brûlé ;
  • un rose poudré ;
  • un bleu très sombre ;
  • des tons naturels.

Mais avant d’intégrer ces couleurs à une charte, il faut les tester.

Je peux par exemple :

  1. extraire quelques couleurs dominantes des références ;
  2. les rapprocher ;
  3. éliminer les doublons ;
  4. modifier certaines saturations ;
  5. tester des variantes plus claires et plus foncées ;
  6. les utiliser sur de vrais composants ;
  7. vérifier les contrastes ;
  8. puis réduire la palette à ce qui est réellement utile.

C’est souvent un processus de simplification.

Une première recherche peut contenir douze couleurs intéressantes.

La palette finale n’en aura peut-être besoin que de cinq.

Comment passer de la palette de marque à l’interface web ?

C’est ici que la couleur devient réellement UI.

Une charte peut simplement indiquer :

  • bleu principal ;
  • orange secondaire ;
  • beige ;
  • blanc.

Mais l’interface a besoin de davantage de précision.

Il faut décider :

  • quelle couleur utiliser pour le texte ;
  • quelle couleur utiliser pour les titres ;
  • quel fond utiliser dans les sections secondaires ;
  • quelle couleur utiliser pour les CTA ;
  • quels états prévoir au survol ;
  • comment traiter les liens ;
  • comment signaler une erreur ;
  • comment représenter un élément désactivé.

C’est aussi à ce moment que les choix de marque rencontrent le travail UX.

L’article consacré aux différences entre UX et UI explique justement pourquoi les décisions graphiques doivent aussi aider l’utilisateur à comprendre l’interface.

Une couleur de marque peut donc être magnifique et malgré tout ne pas être adaptée à tous les usages.

Quelle couleur utiliser pour les boutons et CTA ?

Il n’existe pas de couleur universellement parfaite pour un bouton.

Le fameux :

« Faites les boutons rouges, ça convertit mieux »

n’a pas beaucoup de sens sans contexte.

Ce qui compte surtout est que l’action principale soit clairement identifiable par rapport à son environnement.

Un bouton peut être :

  • orange dans une interface principalement bleue ;
  • noir dans une interface très claire ;
  • rose dans une identité violette et beige ;
  • vert foncé sur un fond naturel très clair.

La question est :

« L’utilisateur identifie-t-il immédiatement cet élément comme une action importante ? »

Le CTA doit également conserver :

  • un contraste suffisant ;
  • un libellé lisible ;
  • un état de survol ;
  • un état de focus ;
  • éventuellement un état désactivé.

Comment utiliser les couleurs de fond ?

Les fonds permettent de donner du rythme à une page.

On peut alterner :

  • fond principal clair ;
  • fond légèrement teinté ;
  • section très colorée ;
  • zone sombre.

Cela permet :

  • de séparer les grandes parties ;
  • de mettre en évidence un contenu ;
  • de casser la monotonie d’une page longue ;
  • de créer une respiration.

Mais chaque changement de fond augmente aussi le poids visuel d’une section.

Si toutes les sections utilisent une couleur différente, la page peut rapidement ressembler à une succession de blocs sans relation.

Je préfère donc considérer les fonds comme des outils de hiérarchie, pas uniquement comme de la décoration.

Les images font elles aussi partie de la palette

On peut définir une très belle palette puis la perdre complètement en intégrant des photographies qui utilisent des tonalités totalement différentes.

Il est donc intéressant de réfléchir également au traitement des images.

Une marque peut choisir :

  • des photographies très lumineuses ;
  • des tons chauds ;
  • une faible saturation ;
  • un contraste marqué ;
  • une dominante colorée ;
  • un style très naturel.

La photographie devient ainsi une extension de la palette.

Je trouve particulièrement intéressant de vérifier les maquettes avec les vraies images prévues.

Une palette ne doit pas être validée uniquement avec des rectangles colorés.

La signification des couleurs dépend aussi des cultures

Les associations liées aux couleurs ne sont pas universelles.

C’est un point important lorsqu’une marque communique dans plusieurs pays.

Une couleur peut évoquer :

  • la fête dans un contexte ;
  • le deuil dans un autre ;
  • la chance ;
  • la spiritualité ;
  • le pouvoir ;
  • ou encore un mouvement politique ou historique.

Il faut donc éviter de penser une palette uniquement à partir de références occidentales lorsque le projet est international.

TooNetCreation a d’ailleurs abordé ces différences dans son article consacré au storytelling de marque et aux codes visuels en Asie.

Mon parcours autour du japonais et de la communication interculturelle me rend particulièrement attentive à ce sujet.

Une identité peut rester reconnaissable tout en adaptant certains usages graphiques selon les marchés.

La couleur doit aussi fonctionner sur mobile

La palette reste évidemment la même, mais sa perception peut changer.

Sur un petit écran :

  • les aplats occupent proportionnellement davantage d’espace ;
  • les composants sont plus proches ;
  • les contrastes deviennent parfois plus présents ;
  • les grandes sections colorées peuvent devenir très lourdes.

Une interface desktop utilisant plusieurs couleurs côte à côte peut se transformer en une longue succession de blocs colorés lorsqu’elle passe en une seule colonne.

Il faut donc vérifier les compositions sur les différents formats.

Une palette doit être pensée dans le système responsive, pas uniquement sur une belle maquette desktop.

Faut-il prévoir un dark mode ?

Pas obligatoirement.

Mais lorsqu’un projet prévoit un mode sombre, il ne suffit généralement pas d’inverser automatiquement les couleurs.

Une couleur qui fonctionne très bien sur fond blanc peut devenir :

  • trop lumineuse ;
  • trop saturée ;
  • trop agressive ;
  • ou manquer de contraste sur un fond sombre.

Il peut être nécessaire de prévoir des variantes spécifiques.

Les gris doivent eux aussi être retravaillés.

Un dark mode devient donc presque une déclinaison supplémentaire du système colorimétrique.

Comment documenter les couleurs dans une charte graphique ?

Une charte graphique ne devrait pas simplement montrer cinq carrés colorés accompagnés de leurs codes HEX.

Je trouve beaucoup plus utile de documenter :

  • les références précises ;
  • les usages principaux ;
  • les variantes ;
  • les associations recommandées ;
  • les associations à éviter ;
  • les règles de contraste ;
  • les usages web et print.

On peut par exemple préciser :

NomHEXUsage
Bleu nuit #172554 Titres, texte fort, footer
Violet principal #6D4AFF Identité, composants principaux
Rose accent #E94E88 Mises en avant ponctuelles
Lavande claire #EEE9FF Fonds secondaires
Gris texte #5E6170 Texte secondaire

Cette documentation facilite ensuite toutes les déclinaisons.

Exemple : construire une palette de marque pour le web

Imaginons une marque de décoration intérieure qui veut transmettre :

  • de la modernité ;
  • de la chaleur ;
  • de la créativité ;
  • mais aussi une certaine sobriété.

Étape 1 : une base sombre

Un bleu nuit peut permettre d’apporter de la profondeur et servir pour les titres.

Étape 2 : une couleur principale plus expressive

Un terracotta peut devenir l’un des éléments identitaires.

Étape 3 : une couleur secondaire

Un rose très doux peut compléter le terracotta sans lui faire concurrence.

Étape 4 : des neutres chauds

Ivoire et beige clair remplacent le blanc pur et participent à l’ambiance.

Étape 5 : définir les usages

On peut décider :

  • bleu nuit pour les textes et titres ;
  • terracotta pour certains CTA et éléments identitaires ;
  • rose doux pour des fonds ponctuels ;
  • ivoire comme fond principal ;
  • beige pour les sections secondaires.

À partir de cinq couleurs, nous avons commencé à construire un système.

Il reste ensuite à tester :

  • les contrastes ;
  • les différents états ;
  • les images ;
  • les composants ;
  • la version mobile.

10 erreurs fréquentes dans le choix d’une palette

1. Choisir uniquement ses couleurs préférées

La palette doit correspondre au projet et à la marque.

2. Utiliser des significations de couleurs comme des règles universelles

Le contexte compte beaucoup plus qu’un tableau trouvé sur Internet.

3. Ajouter trop de couleurs

Plus la palette est grande, plus elle devient difficile à maîtriser.

4. Ne pas prévoir de couleurs neutres

Elles sont essentielles dans une véritable interface.

5. Ne pas définir le rôle des couleurs

Le résultat devient vite incohérent.

6. Utiliser la couleur d’accent partout

Elle perd sa capacité à attirer l’attention.

7. Valider la palette sans vérifier les contrastes

Une palette esthétique peut produire des combinaisons illisibles.

8. Transmettre une information uniquement avec la couleur

Il faut prévoir d’autres repères.

9. Ne tester que sur desktop

Les rapports de couleurs évoluent selon la composition.

10. Choisir la palette sans les vraies images

Les photographies peuvent complètement modifier la perception du système.

Ma méthode pour construire une palette de couleurs

1. Comprendre la marque

Je commence par son positionnement, son public et sa personnalité.

2. Explorer visuellement

Je recherche différentes références à travers le moodboard.

3. Identifier les dominantes

Je repère les couleurs et associations qui reviennent naturellement.

4. Tester plusieurs pistes

Je ne cherche pas immédiatement une combinaison définitive.

5. Réduire

Je supprime les couleurs qui n’apportent pas suffisamment au système.

6. Définir les rôles

Principale, secondaire, accent, neutres et couleurs fonctionnelles.

7. Créer les variantes utiles

Je prépare quelques nuances plus claires et plus foncées si elles sont nécessaires.

8. Tester sur de vraies interfaces

Boutons, cartes, textes, sections, formulaires et illustrations.

9. Vérifier les contrastes

Je m’assure que les principales combinaisons restent suffisamment lisibles.

10. Tester desktop et mobile

La palette doit fonctionner dans les deux environnements.

11. Documenter

Les usages sont intégrés à la charte ou au design system.

C’est cette approche que nous intégrons également dans notre travail de création d’identité visuelle et de conception UX/UI chez TooNetCreation.

Quels outils utiliser pour travailler les couleurs ?

Plusieurs outils peuvent faciliter la recherche et la validation.

Adobe Color

Adobe Color permet d’explorer différentes harmonies, d’extraire des couleurs depuis une image et de construire des palettes.

Figma

J’utilise Figma pour tester directement les couleurs dans de vraies interfaces et créer les styles ou variables utilisés dans les maquettes.

WebAIM Contrast Checker

Le WebAIM Contrast Checker permet de vérifier rapidement le contraste entre deux couleurs.

Les outils du navigateur

Les DevTools modernes permettent également de contrôler certaines combinaisons directement dans une page.

Mais aucun outil ne choisira la palette à votre place.

Ils permettent surtout de tester et de valider les décisions.

Ma checklist avant de valider une palette

  • Identité : correspond-elle réellement à la marque ?
  • Différenciation : évite-t-elle de reproduire automatiquement les concurrents ?
  • Cohérence : les couleurs fonctionnent-elles ensemble ?
  • Hiérarchie : sait-on quelles couleurs doivent attirer l’attention ?
  • Neutres : possède-t-on suffisamment de couleurs fonctionnelles ?
  • Contraste : les principales combinaisons sont-elles lisibles ?
  • Accessibilité : l’information reste-t-elle compréhensible sans dépendre uniquement de la couleur ?
  • Interface : la palette fonctionne-t-elle sur des boutons, formulaires, cartes et contenus longs ?
  • Photographies : les images s’intègrent-elles naturellement à l’ensemble ?
  • Mobile : la palette reste-t-elle équilibrée en petit écran ?
  • Déclinaison : peut-elle fonctionner sur les autres supports de la marque ?
  • Documentation : les usages sont-ils suffisamment clairs pour être reproduits par d’autres personnes ?

Si une palette fonctionne sur tous ces points, elle commence réellement à devenir un outil de marque plutôt qu’une simple sélection de couleurs.

FAQ : palette de couleurs, identité visuelle et UI design

Combien de couleurs faut-il dans une identité visuelle ?

Il n’existe pas de nombre obligatoire. Une palette peut fonctionner avec quelques couleurs seulement si leurs rôles sont bien définis. L’objectif est d’avoir suffisamment de possibilités pour construire l’identité sans multiplier inutilement les choix.

Qu’est-ce qu’une couleur d’accent ?

Une couleur d’accent est utilisée ponctuellement pour attirer l’attention sur certains éléments : CTA, informations importantes, liens ou détails graphiques. Son efficacité dépend souvent du fait qu’elle soit utilisée avec modération.

Faut-il choisir la couleur du bouton en fonction de la psychologie des couleurs ?

Non. Il est plus pertinent de vérifier que le bouton est identifiable, suffisamment contrasté et cohérent avec la marque. Une couleur qui ressort correctement dans une interface peut être plus efficace qu’une couleur sélectionnée uniquement pour une signification supposée.

Comment vérifier si deux couleurs sont accessibles ?

Il existe des outils de mesure du contraste comme WebAIM Contrast Checker. Les WCAG 2.2 définissent notamment des seuils de contraste pour les textes et certains composants.

Peut-on utiliser des couleurs pastel sur un site accessible ?

Oui. Les couleurs pastel peuvent parfaitement faire partie d’une identité. Il faut simplement éviter certaines associations insuffisamment contrastées pour les textes ou actions importantes et prévoir des variantes adaptées lorsque nécessaire.

Quelle est la différence entre palette de marque et couleurs UI ?

La palette de marque définit l’univers colorimétrique général. Les couleurs UI précisent ensuite les usages dans l’interface : texte, fond, boutons, liens, bordures, états, succès ou erreurs.

Les couleurs doivent-elles être identiques sur le print et le web ?

L’objectif est de conserver une cohérence visuelle, mais les systèmes colorimétriques diffèrent. Le web utilise principalement RGB et des valeurs HEX, tandis que les supports imprimés utilisent notamment le CMJN. Des ajustements peuvent être nécessaires pour obtenir un rendu visuel cohérent.

Pourquoi faut-il des couleurs neutres dans une charte ?

Les neutres permettent notamment de gérer les textes, arrière-plans, séparateurs, bordures et composants secondaires. Ils laissent également davantage de place aux couleurs identitaires pour jouer réellement leur rôle.

Sources et ressources pour aller plus loin

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