Passer de Joomla 5.4 à 6.0 : la checklist propre avant de mettre à jour
Laurent Lacoste Sites web
Passer un site de Joomla 5.4 à Joomla 6.0, sur le papier, ce n’est pas la grande migration dramatique avec musique tendue et café renversé sur le clavier. Joomla présente bien ce passage comme un upgrade, pas comme une migration, notamment parce que les extensions Joomla 5 déjà propres côté dépréciations peuvent continuer à fonctionner, et parce qu’un plugin de compatibilité a été prévu pour amortir une partie de la transition.
Maintenant, je vais être honnête : ce n’est pas parce que le mot officiel est plus rassurant que l’opération doit être traitée comme un clic de confort. Un upgrade mal préparé reste un excellent moyen de fabriquer un site cassé, un back-office qui ne charge plus, un template qui fait la tête, ou une extension qui se découvre une vocation de sculpture contemporaine.
Et c’est là que je rentre en scène avec ma tendresse habituelle pour les chantiers propres. Mon principe est simple : on ne met pas à jour pour cocher une case. On met à jour quand on sait ce qu’on fait, pourquoi on le fait, et comment on revient en arrière si ça dérape. Parce que l’espoir n’est pas une stratégie. Le bouton Mettre à jour non plus. Découvrez notre guide Joomla ou nos offres de site web.
Mon avis en bref
- Le passage de Joomla 5.4 à 6.0 est un upgrade, pas une migration au sens lourd du terme.
- Vous n’êtes pas obligé de monter en Joomla 6 dans la minute : Joomla 5.4.x reste supporté jusqu’au 13 octobre 2026 pour les bugfixes et jusqu’au 12 octobre 2027 pour les correctifs de sécurité.
- En revanche, si vous voulez préparer l’avenir, il faut vérifier proprement le serveur, les extensions, le template, le plugin de compatibilité et la capacité de restauration.
- Le vrai danger n’est pas Joomla 6. Le vrai danger, c’est le site bricolé qu’on met à jour sans audit.
- Si vous avez un doute, testez d’abord sur une copie. Joomla le recommande explicitement.
Passer de Joomla 5.4 à 6.0 : la synthèse
La bonne nouvelle, c’est que Joomla a préparé ce passage avec plus d’intelligence que certaines montées de version du passé. Le projet explique que les extensions Joomla 5 propres et à jour dans leur code peuvent fonctionner sous Joomla 6, et que beaucoup d’autres pourront continuer via le plugin Behaviour – Backward Compatibility 6, qui doit être installé et activé pour un upgrade de 5.4 vers 6.x.
La mauvaise nouvelle, c’est que votre site ne vit pas dans la documentation idéale. Il vit avec son hébergeur, ses extensions, son template, ses petites habitudes, ses bouts de code maison, son prestataire précédent qui a disparu dans la nature, et parfois son plugin oublié installé une nuit de 2022 parce que “ça dépannait bien”.
Donc ma lecture est simple :
- techniquement, le passage est prévu
- pratiquement, il faut le préparer comme une opération propre
- commercialement, il vaut mieux une mise à jour bien testée dans 15 jours qu’un upgrade héroïque raté cet après-midi
Pour aller plus loin sur Joomla
- Joomla 6.0 et 5.4 : ce qu’il faut savoir sur les dernières versions du CMS
Un bon article de contexte pour comprendre les évolutions du CMS avant de passer à une vraie checklist de mise à jour. - Les meilleures extensions Joomla en 2025 pour booster votre site
Très utile pour prolonger la lecture sur la compatibilité des extensions, leur utilité réelle et le risque d’empiler des briques difficiles à maintenir. - Sécuriser un site Joomla en 2025 : bonnes pratiques et extensions à connaître
Un complément logique, car une mise à jour Joomla doit aussi être pensée sous l’angle de la sécurité, des droits et de l’hygiène technique. - Checklist technique avant mise en ligne
Un excellent relais pour relier la recette après mise à jour à une logique plus large de contrôle qualité avant remise en production. - Audit SEO Joomla : que vérifier en priorité
Pertinent pour rappeler qu’une montée de version ne doit pas casser le SEO, le rendu des pages stratégiques ni les éléments essentiels du front.
Faut-il mettre à jour maintenant ou attendre un peu
Joomla a été très clair sur ce point : vous n’êtes pas en situation d’urgence pure si votre site tourne correctement sous Joomla 5.4.x. La branche 5.4.x reste supportée jusqu’au 13 octobre 2026 pour les corrections de bugs et jusqu’au 12 octobre 2027 pour les correctifs de sécurité.
Autrement dit, non, votre site n’explose pas demain matin si vous ne passez pas à Joomla 6 cette semaine.
En revanche, attendre ne veut pas dire dormir. Attendre intelligemment, ça veut dire :
- garder Joomla 5.4.x à jour
- vérifier la compatibilité des extensions
- préparer le serveur
- planifier un test
- éviter de vous réveiller fin 2026 avec un site qui dépend encore de composants qui n’ont jamais été nettoyés

Note de Laurent
Je préfère un client qui me dit “on le fait dans un mois, mais proprement” à un client qui me dit “on a cliqué hier soir, maintenant le site affiche une page blanche et plus personne n’ose toucher à rien”.
Ce que je vérifie avant toute tentative
Avant toute mise à jour majeure, je veux trois choses :
- savoir si le serveur est prêt
- savoir si les extensions sont prêtes
- savoir si je peux revenir en arrière proprement
Sur la partie serveur, Joomla 6.x demande aujourd’hui PHP 8.3.0 minimum, avec PHP 8.4 recommandé dans la documentation actuelle. Côté base de données, la documentation actuelle indique notamment MySQL 8.0.13 minimum, MariaDB 10.6 supporté avec une recommandation plus haute, et PostgreSQL 12 minimum.
Sur la partie extensions, Joomla rappelle que certaines ne sont peut-être pas encore prêtes pour Joomla 6, et précise qu’on peut filtrer le Joomla Extensions Directory par version pour voir lesquelles sont prêtes pour J6 ou prêtes avec le plugin de compatibilité activé.
Sur la partie restauration, la règle est brutale mais saine : le downgrade n’est pas supporté. Si l’upgrade tourne mal, la bonne réponse n’est pas “on va juste revenir en arrière vite fait”. La bonne réponse, c’est restaurer une sauvegarde propre faite juste avant.
La checklist avant mise à jour
Mon tableau de décision rapide
Point à vérifier | Ce que je veux voir | Si ce n’est pas bon |
Version Joomla 5.4 | Dernière 5.4.x disponible installée | Je mets d’abord 5.4.x à jour |
Sauvegarde | Backup fichiers + base testé | Je ne touche à rien |
Environnement de test | Clone ou préprod disponible | Je diffère l’opération |
PHP | 8.3 minimum pour Joomla 6.x | Je corrige le serveur avant |
Extensions | Compatibilité Joomla 6 vérifiée | Je remplace, mets à jour ou j’attends |
Template | Vérifié sur copie | Je teste avant toute bascule |
Plugin compat 6 | Installé et activé | Je corrige avant upgrade |
Plugin compat Joomla 5 | Désactivé avant upgrade | Je traite les erreurs d’abord |
1. Mettre Joomla 5.4 au dernier niveau disponible
Je ne monte pas un site vers Joomla 6 à partir d’une vieille sous-version 5.4 oubliée dans un coin. Je commence par installer la dernière 5.4.x disponible, ce qui colle à la recommandation générale de toujours partir de la dernière version de sa branche avant d’aller plus loin.
2. Faire une vraie sauvegarde, pas une pensée positive
Il faut une sauvegarde :
- des fichiers
- de la base
- idéalement testée sur un environnement de restauration
Je le redis parce que c’est important : Joomla ne supporte pas le downgrade après upgrade. Donc la marche arrière propre, c’est le backup. Pas la nostalgie.
3. Travailler sur une copie du site
Joomla recommande explicitement de tester l’upgrade sur une copie du site de production avant de le faire en vrai. Et franchement, ils ont raison.
Sur une copie, vous pouvez :
- vérifier le back-office
- tester le front
- valider les formulaires
- confirmer les scripts tiers
- regarder les vues critiques
- mesurer les dégâts avant qu’ils deviennent publics

4. Vérifier le serveur avant de parler CMS
Joomla 6.x a relevé le plancher technique. Si votre serveur est encore dans une logique ancienne, vous allez perdre du temps à accuser Joomla pour un problème qui vient en réalité de l’environnement. Le minimum supporté pour Joomla 6.x est PHP 8.3.0, et la documentation actuelle recommande PHP 8.4.
Donc, avant de cliquer :
- version PHP
- extensions PHP nécessaires
- base de données supportée
- comportement de l’hébergement
- éventuelles limitations spécifiques du mutualisé
5. Vérifier les extensions une par une
C’est souvent là que le vrai sujet se cache.
Joomla indique lui-même que certaines extensions peuvent ne pas être prêtes pour Joomla 6, même si beaucoup d’éditeurs ont déjà bien avancé. Le projet recommande aussi de regarder la compatibilité via le JED et la version ciblée.
Concrètement, je vérifie :
- si une mise à jour existe
- si l’éditeur annonce Joomla 6 ready
- si la compatibilité dépend du plugin de compatibilité 6
- si l’extension est encore maintenue
- si je peux la remplacer

Et je ne me repose pas uniquement sur le Pre-Update Check. La documentation liée à la planification d’upgrade rappelle que, théoriquement, ce contrôle peut indiquer la compatibilité des extensions tierces, mais seulement si les développeurs ont correctement renseigné leurs métadonnées. En clair, c’est utile, mais ce n’est pas la parole gravée dans le marbre.
6. Vérifier les deux plugins de compatibilité, et pas à l’envers
C’est probablement le point le plus important de toute la préparation.
Pour l’upgrade de Joomla 5.4 vers 6.x, le plugin Behaviour – Backward Compatibility 6 doit être installé et activé. Dans Joomla 5.4, il est installé et activé par défaut précisément pour préparer l’upgrade.
En revanche, le plugin Behaviour – Backward Compatibility de Joomla 5 doit être désactivé avant de commencer l’upgrade vers Joomla 6. Si votre site casse déjà quand vous le désactivez sous Joomla 5.4, c’est un très bon signal d’alarme : cela veut dire qu’il dépend encore d’anciens mécanismes, et qu’il faut régler ça avant de tenter le passage.
7. Tester le template et les surcharges
Le template, les overrides, les scripts front, les petits ajustements maison, c’est souvent là qu’on découvre que “ça marchait très bien” voulait surtout dire “personne n’avait encore regardé de près”.
Même quand le cœur Joomla passe bien, il faut tester :
- affichage front
- modules critiques
- vues avec surcharge
- menus
- formulaires
- responsive
- pages les plus visitées

Parce qu’un site qui s’upgrade mais qui s’habille mal, ça reste un problème.
8. Préparer un mini plan de recette
Je ne fais pas une mise à jour majeure sans liste de contrôle.
Ma recette minimale ressemble à ça :
- connexion admin
- page d’accueil
- navigation principale
- recherche
- formulaires
- envoi e-mail
- login utilisateur
- pages SEO stratégiques
- modules personnalisés
- éventuels scripts de tracking

C’est basique, mais c’est ce qui évite de découvrir lundi matin que le formulaire de devis n’envoie plus rien depuis vendredi.
Les erreurs à éviter
Cliquer sur Mettre à jour sans clone
C’est une méthode courageuse, mais j’ai vu mieux comme stratégie de gestion du risque.
Croire que le plugin de compatibilité va sauver tout et n’importe quoi
Le plugin Behaviour – Backward Compatibility 6 est là pour faciliter le passage, pas pour blanchir éternellement du code ancien ou des extensions abandonnées. Joomla précise d’ailleurs qu’une extension n’est pleinement compatible que lorsqu’elle fonctionne sans dépendre de ce plugin à terme.
Laisser actif le plugin de compatibilité Joomla 5 avant le passage
Celui-là, il mérite le marqueur rouge. Pour 5.4 vers 6.x, il faut le désactiver avant l’upgrade. Si le site réagit mal, vous avez déjà votre réponse : le moment n’est pas encore venu.
Oublier que le serveur change la donne
Passer à Joomla 6 avec un hébergement pas aligné sur les exigences actuelles, c’est comme monter un moteur neuf dans une voiture qui roule sans huile. Le problème ne disparaît pas, il devient simplement plus cher.
Quand je conseille d’attendre
Je recommande souvent d’attendre un peu dans quatre cas.
1. Vos extensions critiques ne sont pas prêtes
Pas de compatibilité claire, pas de feuille de route éditeur, pas de version Joomla 6 annoncée, ou dépendance encore trop forte à l’ancien plugin. Là, on temporise.
2. Votre site casse dès qu’on coupe le plugin de compatibilité Joomla 5
C’est un très bon indicateur. Tant que ce point n’est pas réglé sous Joomla 5.4, je ne pousse pas plus loin.
3. Le serveur n’est pas prêt
PHP trop bas, configuration bancale, hébergement en bout de souffle. On ne met pas à jour au-dessus d’un sol qui bouge.
4. Personne n’a de temps pour tester
Une mise à jour majeure sans temps de recette, c’est une manière élégante d’organiser sa propre surprise.
Ce que je recommande concrètement
Si je devais résumer ma méthode terrain en 10 points, ce serait celle-ci :
- Mettre le site en dernière 5.4.x
- Faire une sauvegarde complète
- Cloner le site sur une préproduction
- Vérifier le serveur et la version PHP
- Vérifier les extensions critiques
- Contrôler que Behaviour – Backward Compatibility 6 est bien présent et activé
- Désactiver Behaviour – Backward Compatibility de Joomla 5 et observer le site
- Lancer l’upgrade uniquement si le site tient proprement
- Faire une recette fonctionnelle
- Planifier la bascule production à un moment calme, pas entre deux réunions et un café froid
Que retenir ? mon verdict
Passer de Joomla 5.4 à 6.0 n’est pas une opération folle. Joomla a préparé le terrain, le projet l’assume comme un upgrade, et la transition est objectivement plus cadrée que ce que beaucoup imaginent.
Mais ce n’est pas non plus un bouton magique. Le vrai sujet, ce n’est pas la version. C’est l’état réel du site que vous mettez à jour.
Si votre Joomla 5.4 est propre, à jour, bien maintenu, avec des extensions suivies et un serveur correct, le passage vers Joomla 6 peut très bien se passer.
Si votre site repose sur des bouts de code oubliés, un template capricieux, des extensions dormantes et une équipe qui n’a pas de clone, alors le problème n’est pas Joomla 6. Le problème, c’est que le ménage n’a pas été fait avant.
Et ça, c’est très différent.
À propos de l’auteur
Laurent Lacoste est architecte web et fondateur de TooNetCreation. Il travaille dans le web depuis 2004 et dans l’IT depuis 2005. Son terrain, ce sont l’architecture, la sécurité, les déploiements, la supervision et la performance. Il aime les systèmes carrés, propres, et capables de tenir dans le temps. Son obsession n’est pas de livrer un site qui marche aujourd’hui, mais un site qui tient demain, après les mises à jour, après les évolutions, et quand on commence à tirer dessus un peu sérieusement.
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